Une société en perte de repères

 

Les psy s'expriment. Ils sont de plus en plus nombreux à élever la voix contre les dérives d'un changement de civilisation qui entraîne dans sa furie une dénaturation du mariage, menace la construction psychique de l'enfant et bien d'autres maux encore.

 

 

Catherine Dolto

On est dans un moment très grave...

 

En plein débat autour de la Gestation pour autrui (GPA), Catherine Dolto, pédiatre et spécialiste de la relation mère-foetus, tire la sonnette d'alarme. Elle recadre la réflexion autour de l'intérêt de l'enfant issu de mère porteuse et des conséquences sur lui dès le développement prénatal.

 

Extrait :  

On est dans un moment très grave pour l'espèce humaine. Autoriser la GPA, c'est probablement faire un grand pas vers la barbarie. Qu'est-ce qui tient les mammifères humains ensemble, dans une capacité de vivre ensemble et de se respecter les uns les autres ? Cela tient à la manière de se respecter soi-même. Ce qui est à craindre, c'est qu'un enfant qui découvre qu'il est né de GPA perde le respect pour lui-même et pour les adultes à l'origine de cette transaction et que cela déclenche en lui une très grande violence (...). Quel sera le coût humain et social d'une telle pratique ?

 

www.letelegramme.fr/france/gpa-on-est-dans-un-moment-tres-grave-25-08-2014-10309827.php

 

Le Télégramme du 25-08-2014

 

Vincent Rouyer, pédopsychiatre

 

  • Article paru dans Le Rouge et le Noir,  antichroniques du temps présent (31 janv. 2013)

 

  • Extrait :
(...) Cela montre (...) toute la difficulté d’analyser des études dont on ne sait pas très bien ce qu’elles comparent et avec quoi. L’argument maintes fois entendu des partisans du « mariage pour tous » comme quoi il vaut mieux être élevé par un couple homosexuel aimant que par un couple homme-femme pervers et maltraitant est ici particulièrement démonstratif du niveau de réflexion dans lequel nous sommes tombés.

Transmettre ou pas : Autour de la question, émission de Caroline Lachowski, Rfi

  • Que ce soit dans les relations maître-élève ou parents-enfants, ou encore dans les traditions religieuses quelles qu’elles soient, nous sommes tous habités par le désir de « faire passer » un savoir, des valeurs, un héritage. Or, dans ce domaine de la transmission, l’essentiel nous échappe : on échoue le plus souvent à prodiguer les richesses que notre volontarisme voudrait transmettre, et d’autres contenus passent par nous, hors de notre maîtrise et souvent même de notre conscience.

    Pour tenter de répondre à cette question, nous recevons Jean-Pierre Winter, psychanalyste, auteur du livre « Transmettre (ou pas) », paru aux éditions Albin Michel.

 

Autour de la question - 22/11/2012 
 

 

Christian Flavigny, pédopsychiatre, auteur de Je veux un papa ET une maman

 

  • Article paru dans L'Express, le 17 nov. 2012

 

  • Selon Chr. Flavigny, « Le Projet de loi (sur le mariage gay) favorise les parents, pas l'enfant ».

 

Article sur l'homoparentalité, publié sur Psychologie.com, le 15 déc. 2010

L'avis de Michel Schneider, psychanalyste*

« Après le pacs, le mariage n’est qu’une étape vers l’homoparentalité. J’y suis opposé. L’Etat, qui donne au symbolique sa force de contrainte et de repère pour la société – et non l’inverse – ne doit pas autoriser le mariage et la filiation entre deux personnes de même sexe. Si la sexualité humaine n’est pas simplement “naturelle”, elle n’est pas non plus tout entière culturelle, affranchie des lois de la reproduction.

Par ailleurs, je ne fais aucune différence entre homoparentalité adoptive et procréative sur le plan du fantasme qui les sous-tend : faire du même avec du même. Mais je différencie filiation et éducation. Un enfant né dans et par la différence des sexes peut être ensuite élevé par un couple de même sexe, si on lui laisse la possibilité de se représenter son origine comme née d’un désir d’un homme et d’une femme. La différenciation existe dans les couples homoparentaux : l’autre est un autre, même s’il est de même sexe, mais il est bien plus et bien mieux autre, si les deux parents sont de sexe opposé.

(...) L’enfant n’est pas produit pour satisfaire le comblement narcissique de ses parents. Cela arrive dans les couples hétérosexuels. Mais pourquoi faudrait-il que ceux qui n’ont su trouver leur identité et leur place dans la différence des sexes érigent leur symptôme en norme sociale ? »

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*Auteur, notamment, de Morts imaginaires (Grasset, prix Médicis de l’essai, 2003) et de Big Mother, psychopathologie de la vie politique (Odile Jacob, 2002).

 

 

Article sur l'homoparentalité, publié sur Psychologies.com, le 15 déc. 2010

 

L'avis d'Aldo Naouri, pédiatre*

« (...) D’autre part, même si l’on dit que beaucoup d’enfants sont déjà dans cette situation et que des études prouvent qu’il n’existe pas de différences avec les autres, cela ne change rien : la méthodologie de ces études est récusable et il est impossible d’imaginer aujourd’hui des tests susceptibles de donner des résultats objectifs. Il s’agirait donc d’expérimentations sur le vivant illégales.

En outre, à partir de mon expérience, je constate que la souffrance des enfants ayant eu des ascendants homosexuels ressemble étrangement à celle d’enfants ayant souffert d’inceste. Dans les deux cas, il y a altération de la notion de différence. L’identité sexuelle n’est pas qu’un problème de gènes, c’est une construction historique. Elle a à voir avec la relation que les parents entretiennent avec leur propre identité sexuelle.»

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*Auteur, notamment, de Les Pères et les Mères (Odile Jacob, 2004) et De l’inceste (avec Françoise Héritier et Boris Cyrulnik, Odile Jacob, 2000).

Claude Almos, psychanalyste et disciple de Fr. Dolto, s'exprime sur l'adoption par des couples homosexuels : Quid de la construction psychique de l'enfant? (Psychologies.com 2009)

 

  • Extraits :

A vrai dire, l’idée qu’il y aurait une construction psychique de l’enfant – donc des conditions nécessaires à cette construction – semble ne venir à personne. L’enfant dont on nous parle est un enfant préfreudien. Un enfant d’avant la découverte de l’inconscient, d’avant la psychanalyse, d’avant que l’on ait été « y voir » ou plutôt « y entendre de l’intérieur » pour comprendre comment se construit l’adulte à travers le « petit d’homme ».

 

Faisant fi d’un siècle de recherches, d’interrogations et de découvertes, les tenants de l’adoption s’appuient sur un discours lénifiant sur « l’amour », conçu comme l’alfa et l’oméga de ce dont un enfant aurait besoin.